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lundi 9 novembre 2015

Vote pour le Plébiscite de 1870

Arrondissement de Béziers.

Communes.InscritsVotantsOUINON
Saint-Gervais78968363842
Les Aires1841571484
Castanet-le-Haut194147144
Combes
146
1091011
Saint-Geniès-de-Varensal1089797
Hérépian
403
31929720
Le Poujol41228018097
Rosis
277
2092053
Taussac et Douch141126126
Villecelle
121
1111036
Villemagne24718912861

mardi 27 octobre 2015

Accident de charrette

Le 22 du courant, le nommé Dufour Jacques, dit Lou Magré, âgé de 60 ans, roulier, domicilié à Espérausses, canton de Lacaune (Tarn), a été écrasé, à la suite d'une chute, par une des roues de la charrette qu'il conduisait, tout près de Castanet-le-Haut, canton de Saint-Gervais.

Incendie à Pabo

Le 31 août dernier, un incendie accidentel a détruit une maison située au hameau de Pabau, commune de Castanet-le-Haut, appartenant à la nommée Alliès Marianne, de cette commune. Il n'est resté de cette maison que les quatre murs. Rien n'était assuré. Les pertes sont évaluées à 1 000 francs.

lundi 26 octobre 2015

Incendie à Pabo

Dimanche dernier, un autre incendie a éclaté accidentellement au hameau de Pabeau, commune de Castanet-le-Haut, au domicile du sieur Alliez Joseph, cultivateur audit lieu de Pabeau. Une partie des meubles a pu être sauvée ; mais une certaine quantité de bois de construction, de foin, de paille, etc., est devenue la proie des flammes. Les dommages sont évalués à une somme de 1 500 francs.

samedi 24 octobre 2015

Purge d'hypothèques légales

Étude de Me Gély, avoué à Béziers.
L'an 1858 et le 23 février, à la requête du sieur Jacques Nicolas, aubergiste, domicilié à Graissessac, a été déposé, au greffe du tribunal civil de Béziers, un acte passé le 3 février devant Me Canac, notaire à Saint-Gervais, portant vente au requérant, de la part de Pierre-Prosper Cavaillié, aubergiste, domicilié à Sainte-Barbe, commune de Castanet-le-Haut, au prix de 1 500 francs, de deux pièces de terre, l'une en vigne avec châtaigniers, et l'autre en champs avec arbres fruitiers, sises au terroir de Camplong ; et sommation a été faite à M. le Procureur impérial de, dans le délai de la loi, requérer et faire effectuer, au bureau des hypothèques de Béziers, sur lesdits immeubles telles inscriptions d'hypothèques légales qu'il appartiendra, à défaut de quoi les immeubles passeront au requérant francs et libres de toutes charges à raison des dites hypothèques.
(Extrait du Publicateur de Béziers, du 12 mars 1858)
article

dimanche 18 octobre 2015

Le retour d'une excursion (2/4)

II.

Nous passâmes à Saint-Pons la veille du jour où allait se tenir la foire du 16 septembre. Les marchands forains, arrivant en nombre, pour être installés dès le lendemain matin, dressaient déjà leur tentes et leurs bancs sur la promenade du Foiral et sur celle des abords de l’Église. Dans notre rapide passage, nous dûmes nous borner à leur souhaiter de bonnes affaires.
Au sortir de Saint-Pons, la route impériale tourne à gauche et traverse le hameau de Courniou ; la route départementale n°11, à droite, mène à la Salvetat. La Salvetat, Salvitas, Sauvetat, lieu d'asile ou de sûreté où l'on se réfugiait pour se soustraire aux guerres que les grands seigneurs se faisaient entre eux, est à vingt-un kilomètres de Saint-Pons ; ce bourg est peuplé de 1 200 habitants ou de 4 000 environs, si on compte la population des nombreux hameaux annexés à la commune.
Le canton, dont il est le chef-lieu, situé à l'extrémité septentrionale de l'arrondissement, est compris entre ceux de Saint-Pons et d'Olargues et le département du Tarn. Il est arrosé par l'Arn l'Agoût et la Vèbre. Il est ceint du sud à l'est par la haute chaîne de l'Espinouse. Il renferme des bois de hêtre, des prairies, d'excellents pâturages nourrissant de nombreux troupeaux de toute espèce, des châtaigniers et des arbres fruitiers. Le bas des montagnes, à cause de l'élévation du terrain, ne peut produire que du seigle. Ma superficie est de 18 925 hectares 9 ares ; la population de 6 336 habitants. Il se compose de trois communes : la Salvetat, Fraïssé et le Soulié ; chacune d'elles renferme beaucoup de hameaux.
La Salvetat se trouve sur un monticule au pied duquel sa déploie un gracieux vallon dans lequel serpente la rivière de l'Agoût. Cet endroit, par lui_même, n'offre rien de curieux ; mais les environs présentent de riches tableaux, des points de vue ravissants. On élève de la volaille et beaucoup de bestiaux ; on y fait d'excellent beurre ; on pêche des truites d'un goût exquis. Le frêne, l'ormeau, le chêne, le noyer, le hêtre sont les arbres du pays. Il y a des fabriques de molletons radius et des filatures de laine. Aux environs se trouve la source minérale dite de Rieumajou. La Salvetat est à 669 mètres au-dessus du niveau de la mer ; la culture du seigle et de la pomme de terre est seule possible. C'est entre Saint-Pons et la Salvetat que s'élève le plateau du Sommail, à une hauteur de 966 mètres. La Salvetat remonte par son origine à l'an 1171. il s'y tient plusieurs foires et un marché tous les mardis pour les bestiaux, les grains, etc.
La route départementale n°8 mène à Bédarieux. Elle côtoie constamment la rivière de Jaur jusqu'à Mons ; puis vient le tour de la rivière d'Orb jusqu'à Bédarieux, ou plutôt jusqu'à Lunas. La distance de Saint-Pons à Bédarieux est de 44 kilomètres.
Avec quel plaisir ne chemine-t-on pas dans cette délicieuse vallée ? Ce qu'on voit, ce qu'on goûte, l'air embaumé qu'on respire font oublier la poussière du chemin, le poids de la chaleur, la fatigue de la marche. Le versant des montagnes est couvert de bois de toute espèce, de châtaigniers, de noyers, de pommiers. Les fruits de l'automne pendaient abondamment de ces arbres. Tandis que les châtaigniers et les pommiers conservent encore leurs produits, pour qu'ils aient le temps d'achever de bien mûrir, les noyers se trouvaient dépouillés de leurs boules vertes. Des groupes de femmes et d'enfants, munis d'une gaule et de paniers, cherchaient avec des yeux de furet les dernières noix oubliées sur l'arbre, égarées sur le sol, ou cachées dans la jonchée. Des carrés de terres retenues sur le penchant des coteaux par un mur de pierre sèche trahissent le désir de cultiver la vigne. Dans l'état de maigreur où se présentent ces vignobles, malgré leur belle exposition au soleil, ils ne feront jamais croire qu'ils puissent donner un jour des ruisseaux de vin. Les bords de la rivière sont émaillés de prairies. Les bosquets d'arbres, les amas de plantes, les touffes de racines, cèdent de temps en temps la place aux lieux habités ; ils apparaissent épars çà et là comme des points blancs ou gris-noirâtres sur ce large tapis de verdure. Ce sont des villages bâtis au bord de la route, des hameaux ou des bergeries qui surgissent sur les flancs ou au sommet de la montagne.
Riols, Rivuli, Riolos, à cinq kilomètres de Saint-Pons, renferme un gîte de minerai de cuivre au hameau de Cazilhac, des fabriques de draps, de savons, de cendres gravelées et des filatures de laine. Un concile provincial fut tenu en 937 au hameau d'Euzèdes ou Auzèdes, dépendant de cette commune. Prémian, Promiane, Prœmianum, à neuf kilomètres de Saint-Pons, possède des filatures de laine. Saint-Vincent, Sanctus Vincentius, plus éloigné de la route, semble perdu dans la montagne et sert de centre à une foule de hameaux éparpillés sur les coteaux ou dans des bas-fonds. En atteignant Olargues, nous nous trouvons avoir fait à peu près la moitié du chemin.
Le canton d'Olargues est compris entre ceux de la Salvetat, de Saint-Pons, de Saint-Chinian et l'arrondissement de Béziers. Il est arrosé par les rivières de Jaur et de l'Orb. Il est montueux, et, en général, de peu de produit. Il se compose de terres labourables, de quelques vignobles, de prairies, de pâturages, de bois de chêne, de hêtre et de châtaigneraies. Sa superficie est de 28 324 hectares 92 ares ; sa population de 10 577 habitants. Il embrasse douze communes.
Le bourg d'Olargues, Olargium, Olarge, Olargua, bâti en rapide amphithéâtre sur le penchant de la montagne et au bord de la rivière de Jaur, est à 19 kilomètres de Saint-Pons. On aperçoit de loin sur la rivière un pont d'une seule arche dont la voûte est remarquable par sa hardiesse et son élévation. L'église a été reconstruite près de la route, mais le clocher de forme élancée, qui servait à l'ancienne, a été laissé sur la hauteur. Ce n'est peut-être pas sans intention. Le son des cloches, s'étendant plus au loin, arrive jusqu'aux hameaux voisins. Les oliviers du vallon d'Olargues ont conservé leur teinte blafarde ; ce n'est pas cette couleur noirâtre présageant une maladie dans les oliviers de l'arrondissement de Béziers. Olargues a eu le titre de baronnie ; son château fut pris et pillé par les Ligueurs. C'est la patrie du médecin et auteur Jean, dit d'Olargues ; il vivait au XIVe ou XVe siècle.
Au hameau de la Trivalle, Tres Valles, commence brusquement le rocher du Caroux dont on aperçoit les pentes abruptes de notre boulevard du nord, lorsque le temps est serein et l'horizon sans nuages. Cette chaîne granitique, d'une hauteur de 1 093 mètres, cache dans ses flancs, comme une aire d'aigle, le triste et pauvre hameau de Héric. Elle s'étend un long espace parallèlement à la route départementale, puis se détourne insensiblement, disparaît derrière les collines du Pujol et d'Hérépian et se confond dans le canton de Saint-Gervais avec la montagne de l'Espinouse et les monts de l'Orb, rattachés eux-mêmes par les Monts Garrigues à la vaste et longue chaîne des Cévennes.
Saint-Martin, Sanctus Martinus de Donzâ, et Colombières, Columberiæ, avec de profondes gorges aux environs, sont les dernières communes du canton d'Olargues. Ce pays est peu productif ; les habitants subsistent généralement par les filatures de laine.
Le Poujol et Hérépian, deux jolis villages, appartiennent au canton de Saint-Gervais. Ici l'aspect du pays change ; il devient riant.
Le Poujol, Pogiolum, Poiolum, situé dans un charmant vallon, possède des filatures de soie et des carrières de grès. Les coteaux sont couverts de vignes et de bois. Dans un lieu isolé, sur la rive droite de l'Orb, subsiste l'église romane de l'ancien prieuré de Saint-Pierre-de-Rèdes. Elle est à une seule nef, terminées à l'est par une apside demi-circulaire, avec portes à l'ouest et au midi. C'est un carré long régulièrement orienté. D'après la tradition, elle serait une des quarante bâties par Charlemagne ; mais, au sûr, elle est antérieure au XIe siècle et peut être, ajouterons-nous, rapportée au Xe siècle.
Un poteau indicateur set placé à l'entrée du chemin de grande communication n°22. Nous arrivons, après avoir parcouru cinq hectomètres à partir de la route, à Lamalou, en longeant la petite rivière de ce nom. Ce hameau de la commune de Villecelle, situé dans un vallon d'un aspect pittoresque, au pied du coteau de l'Usclade, possède un riche établissement thermal de plus en plus fréquenté tous les ans, grâce à l'efficacité des eaux et au bien-être offert aux baigneurs. Il se compose de trois sources appelées : Lamalou-le-Bas ou l'Ancien, Lamalou-le-Centre ou Capus, et Lamalou-le-Haut. Elles sont éloignées l'une de l'autre d'un et de deux kilomètres.
Les eaux de Lamalou-le-Bas, thermales, salines, acidules, gazeuses, d'une température de 34 à 35° centigrade, conviennent dans les affections rhumatismales simples sans complication d'affection nerveuse, dans les engorgements abdominaux et autres. Celles de Lamalou-le-Centre, froides, ferrugineuses, d'une température de 30° centigrade, sont employées pour bains et pour douches, et comme boisson. Nous pûmes voir, en passant, des groupes de buveurs et de buveuses formés auprès de la source de Capus. Enfin, celles de Lamalou-le-Haut, thermales, salines, acidules, gazeuses et ferrugineuses, d'une température de 34° centigrade, sont propres au traitement des affections rhumatismales ou goutteuses, aux faiblesses générales et locales et conviennent à toutes les maladies qui ont un caractère nerveux.
Le chemin de grande communication ne va pas plus loin. On passe sur un pont rustique et l'on arrive dans un bois de magnifiques châtaigniers dont l'épais feuillage ferme toute issue aux rayons importuns d'un ardent soleil, et où il est permis à la masse de l'air de circuler librement. Assis sur un banc de pierre, l'oreille se prêtait malgré nous, dans une prairie voisine, au grincement sourd d'une faux dont le mouvement cadencé multipliait les andains sous les pas d'un faucheur actif. Le gargouillement d'un petit filet d’eau invitait au repos et presque au sommeil le corps humecté de sueur et saisi par la fatigue. Devant nous, des baigneurs allaient et venaient, enveloppés d'un manteau, un linge blanc sous le bras. D'autres, ayant pourvu à ce soin de plus grand matin, liaient un journal ou causaient à l'ombre d'un arbre.
L'hôtel Carel se trouve en face du chemin de Lamalou. Il faut indiquer ce lieu charmant d'habitation, parce que tout près a été tracé un sentier conduisant à la source de la Vernière. Une passerelle jetée sur la rivière d'Orb en facilite l'accès aux visiteurs. L'eau de cette source, située dans la commune des Aires, est froide, alcaline, gazeuse et ne se prend qu’en boisson. Des bancs de gazon ont été disposés çà et là pour la commodité de ceux qui s'y rendent.

(À continuer.)
A. SOUCAILLE.

jeudi 15 octobre 2015

Le retour d'une excursion (1/4)

I.

Il fait bon sortir de temps en temps de la ville où l'on a été renfermé presque toute une année. Il arrive un instant où l'on sent le besoin de se dérober à cette atmosphère limitée et de se livrer à un bon exercice. On veut plus d'air, plus de lumière, plus de soleil. Alors, chaussé de guêtres de cuir, un bâton ferré à la main, le sac sur le dos, on se met tranquillement en route et on bat le pays. Que de fois, séduit par l'attrait d'un splendide horizon, ne nous somme-nous pas surpris à rêver, sur un point de la colline au pied de laquelle se déploie la belle plaine du Rebaut, et où resplendit au soleil la surface argentée de l'Orb aux verdoyantes rives ! Que de fois ne nous est-il pas arrivé de soupirer après les bleuissantes montagnes qui s'interposent comme un rideau entre les yeux du spectateur ! Nous promenions des désirs plus vifs encore sur cette majestueuse chaîne, lorsque l'été dernier nous envoyait son tribut de chaleur sénégaliennes, et qu'en compagnie d'un aimable observateur, nous nous plaisions à regarder le soleil se coucher dans des nuages de pourpre.
Un bon moyen de sentir la nature, n'est-ce pas de s'habituer à lui arracher peu à peu ses secrets ? Mais il faut s'assimiler avec précaution, et, pour ainsi dire, absorber goutte à goutte ce qui nous charme dans elle, nous frappe et nous captive. Si l'on se voit jeté tout d'un coup au milieu de riches et saisissants tableaux, on peut être ébloui, pris de vertige et n’apercevoir, au lieu de ligne, que des ombres. Soyons jaloux de connaître d'abord ce qui nous environne. Les ponts dignes de fixer notre attention – nous sommes assez bien partagés sous ce rapport – ne manquent pas autour de nous. Laissons-nous donc guider par la prudence ; voyageons simplement aux rives prochaines, c'est un précepte du fabuliste : les lointains voyages, les courses hardies, aventureuses viendront plus tard.
Il nous a été donné d'accomplir un vœu modeste que nous avions formé. Dans ce moment, nous nous sentîmes heureux comme un enfant la veille d'un jour de fête. L'espace que nous avons parcouru peut être circonscrit dans un triangle ayant pour sommet Béziers, et pour base la route départementale de Saint-Pons à Bédarieux.
En suivant la route impériale n°12, on voit le château de Poussan-le-Bas avec un vaste parc, de beaux cygnes et une magnifique serre. Le premier village que l'on rencontre, c'est Maureilhan, Maurelianum, sur le ruisseau de Lirou, à huit kilomètres de Béziers. Il conserve les restes d'un vieux château avec des tours rondes morcelées. Une chapelle, dédiée à la Sainte Vierge, y a été construite depuis peu de temps. Le château de la Trésorière est une annexe de cette commune ; il a vu naître deux hommes illustres, D'Ortous de Mairan et M. Flourens. Tous deux ont vu les classes de l'Institut les accueillir dans leur sein, à deux titres divers, comme écrivains et comme savants. Le gros bourg de Puisserguier, Podium Sorigarium, est à sept kilomètres de Maureilhan. Il est dan une plaine bien cultivée, produisant beaucoup de vin rouge et du vin muscat estimé. Sur un riant coteau, blanchit au loin l'ermitage de Saint-Christophe, où la population entière de Puisserguier se rend en procession le lundi de Pâques. Puisserguier fut jadis le siège d'une baronnie. Le château fut pris et rasé, en 1209, par Simon de Montfort.
Nous laissons de côté le chemin de grande communication de Puisserguier à Creissan, Quarante, Cruzy. Avant d'atteindre Saint-Chinian, nous passons devant quelques maisons alignées sur la route impériale. Avec l'adjonction des hameaux de Fraïssé, du Mas de l'Église, de la Gache, de quelques bories et bergeries, ce groupe forme la commune de Cébazan, Cebasanum, Zebezan, Sebaza, peuplé d'environ 400 habitants, sur le ruisseau de Dalvado. La route effleure la base de hautes collines complantées de vignes et d'arbustes et aboutit par des zig-zags à Saint-Chinian.
Saint-Chinian-de-la-Corne, Sanctus Anianus, Saint-Chihnan, Saint-Chignan, est à vingt-trois kilomètres de Saint-Pons. C'est un important chef-leu de canton. Cette petite ville, d'environ 4 400 habitants, est bâtie dans un agréable vallon, sur la rivière de Bernasobres. Il y a eu une abbaye de l'ordre de Saint-Benoît, fondée en 826, par Durand, dans un lieu primitivement appelé Holotian. L'agriculture et l'industrie s'y donnent la main. Saint-Chinian possède des fabriques de cardes et des manufactures de drap pour l'intérieur et pour le Levant. Elle donne son nom à une plaine richement cultivée qui s'étend du côté de Cessenon jusqu'à l'Orb. Le marché du jeudi et les foires du lundi de Quasimodo et du jour des Morts sont très fréquentées. L'ermitage de Notre-Dame, situé dans les environs, attire beaucoup d'âmes pieuses. Le hameau de Babeau se trouve dans un vallon remarquable par son site, son aménité et sa Fraîcheur.
On arrive à Saint-Pons par la rampe dite de Poussarou et par une route tantôt à découvert, tantôt enfoncée dans les montagnes. La commune de Pardailhan, Pardallanim, dont la population, avec celle des nombreux hameaux qui la composent, peut être portée à 1 100 habitants, est à treize kilomètres de Saint-Pons. Ce lieu est renommé pour les navets d'excellent goût que le terrain produit. Les bas-fonds sont passablement cultivés ; les versants des montagnes fournissent de très bons pâturages ; les hauteurs sont garnies de bois de toute espèce.
La ville de Saint-Pons-de-Thomières, Sanctus Pontius Thomeriarum, chef-lieu de canton et d'arrondissement, est à cent vingt-six kilomètres de Montpellier. Elle est bâtie dans un vallon et protégée par de hautes montagnes. D'un énorme rocher s'élevant dan un quartier de la ville même sort une abondante source qui, en se développant, forme le Jaur. Cette rivière partage la ville en deux parties et va se confondre avec l'Orb bien au-dessus d'Olargues.
L'arrondissement de Saint-Pons occupe la partie occidentale du département de l'Hérault. Il est borné au Nord par le département du Tarn ; à l'Ouest par ce même département et celui de l'Aude ; à l'Est par l'arrondissement de Béziers ; et au Sud par le département de l'Aude. Il comprend une partie de la vallée de l'Orb, depuis Colombières jusqu'à Cessenon, la vallée de Jaur, une partie de la vallée de Cesse depuis sa source jusqu'au dessous d'Olonzac, une partie de la vallée de l'Agoût, le vallon de Bernasobres. C'est des quatre arrondissements le moins important et celui dont le sol est le plus pauvre. C'est là que se trouvent les plus hautes montagnes du département. Il y a des champs, des bois, des prairies, des jardins et des terres de dépaissance. Le hêtre, le châtaigner, le pommier, le chêne et le noyer y croissent. Les pâturages sont abondants sur le plateau de l'Espinouse. Au midi, on cultive le grain et la vigne. Cet arrondissement a une superficie de 121 704 hectares 43 ares 27 centiares et une population de 47 262 habitants. Il comprend cinq cantons : Saint-Pons, Saint-Chinian, Olargues, Olonzac, la Salvetat, et 43 communes.
La ville de Saint-Pons doit son origine à une abbaye d'hommes de l'ordre de Saint Benoît, fondé en 936, par Raymond Pons, comte de Toulouse, duc d'Aquitaine, et Garsinde, sa femme. Le duc y fit transporter les reliques de Saint Pons, son patron, martyr de Nice en Provence, et on y célébrait tous les ans la fête de cette translation, le 15 juin. Il voulut aussi que cette abbaye relavât directement du Saint-Siège et qu'elle fût affranchie de toute domination étrangère. Louis IV, d'Outre-Mer, roi de France, la prit sous sa protection ; Aymeric, archevêque de Narbonne, et Rodaldus, évêque de Béziers, en favorisèrent l'accroissement, et elle se trouva bientôt dans une grande prospérité. À la suite d'une guerre survenue entre Raymond VII, comte de Toulouse, et Roger II, vicomte de Béziers et de Carcassonne, uni au roi d'Aragon, le monastère fut presque entièrement détruit. Cependant Raymond, qui en était abbé, fut autorisé, en 1171, par Roger II, à le reconstruire et à l'entourer de murailles. C'est ici l'origine de la ville de Saint-Pons. À partir de ce moment, elle commença à se développer. L'abbaye de Saint-Pons fut détachée du diocèse de Narbonne en 1318, pour être érigée en cathédrale, par le pape Jean XXII ; mais le chapitre resta régulier jusqu'au commencement du XVIIe siècle, où il fut sécularisé. Un de ses évêques devint pape en 1554, sous le nom de Paul III. L'église, dédiée en 937, fut dévastée et brûlée en 1567 par les protestants. l'évêché fut supprimé à la Révolution française ; il avait un revenu de 45 000 livres. Le premier évêque avait été Pierre Roger ; le dernier fut M. Louis de Bruyère Chalabre. L'ancien évêché est occupé aujourd'hui par les bureaux de la mairie, le Palais de Justice, dont la salle d'audience est fort jolie, et une petite salle de spectacle.
L'église paroissiale consacrée à Saint Pons offre des traces de reconstructions diverses ; c'est l'ancienne cathédrale. La façade de l'Occident est dans un style entièrement différent de celui de la première église. La nef est vaste ; au-dessus du maître autel ont été placées de belles orgues. On y remarque de solides et élégantes boiseries dues à Alexandre Farnèse, qui occupait le siège épiscopal en 1514.
Saint-Pons a de vastes tanneries, plusieurs manufactures de draps, des filatures, et fait un grand commerce de bestiaux. Cette ville possède des carrières de pierres, de marbre, et une caverne à ossements au lieu dit le Pontil. Il s'y tient un marché le mercredi et le samedi pour les grains, les légumes, les comestibles et les bestiaux.
Sur la partie haute de la ville est perché le petit séminaire. Le boulanger, seul habitant de la maison en ce moment, était occupé à fendre du bois dans la première cour. Cet homme, d'une excellente nature, nous fit savoir que l'avant-dernier Supérieur avait été nommé, il y a trois ans, évêque de Vannes ; c'est Mgr Dubreuil.
De retour aux bas quartiers, reposons-nous un instant.

(À continuer.)
A. SOUCAILLE.

dimanche 11 octobre 2015

Expropriation des terrains destinés à la construction des ponts sur la rivière de Mare

Commune de Rosis.
Expropriation.
Le maire de Rosis avertit collectivement les intéressés que, en conformité de l'arrêté de M. le préfet du 15 janvier [manque une ligne] des terrains destinés à la construction des ponts sur la rivière de Mare et de ses abords, dans le redressement du chemin vicinal ordinaire, n°1, qui conduit de Castanet-le-Haut à la route départementale, n°7, d'Agde à Castres, seront déposés pendant 8 jours, à partir du 28 janvier courant, à la mairie de Rosis.
Le maire de Rosis, BLAYAC.
(Extrait du Publicateur de Béziers, du 28 janvier 1859).
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